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Le Classeur de session

Contrôle d’honorabilité des intervenants, ce que le texte impose

reglementation Publié le Mis à jour le Par Jimenez Julien 10 minutes de lecture

Faut il demander un extrait de casier judiciaire à vos animateurs, refaire la vérification à chaque session, déclarer le cuisinier et les bénévoles ? Cet article reprend ce que le code de l’action sociale et des familles impose réellement en matière d’honorabilité, ce qu’il ne demande pas, et ce que vous devez pouvoir prouver.

Un directeur d’accueil de loisirs consulte un classeur à onglets ouvert sur un bureau de service enfance, à côté d’un tiroir de dossiers suspendus entrouvert

Connaître ce que l’État vérifie, sur quels textes et ce que vous devez prouver est essentiel. Le contrôle d’honorabilité en accueil collectif de mineurs n’est pas une formalité ni une appréciation : c’est une incapacité d’exercer prévue par la loi, opposable à l’organisateur.

Au programme : le principe légal, le mécanisme de vérification, trois idées reçues à corriger, la conduite à tenir en cas d’incapacité, les règles de qualification et les pièces à conserver.

Le principe posé par le code de l’action sociale et des familles

Une incapacité d’exercer, pas une simple recommandation

Le texte fondateur est l’article L. 133-6 du code de l’action sociale et des familles. Il prévoit, pour certaines condamnations, une incapacité d’exercer auprès de mineurs. Une personne concernée ne peut pas diriger, animer, encadrer, assister ni participer au fonctionnement d’un accueil collectif de mineurs, quel que soit son statut. Interdiction opposable à l’organisateur.

Le régime d’incapacité s’articule avec le bulletin numéro 2 du casier judiciaire national et avec le fichier judiciaire national automatisé des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes, régis notamment par les articles 706-53-1 et suivants du code de procédure pénale. Le contrôle d’honorabilité vise à détecter ces incompatibilités et à empêcher l’exercice d’une fonction au contact des mineurs.

Un contrôle qui vise toutes les personnes participant à l’accueil

Le champ est large : la direction, l’animation, les personnels techniques en contact avec les mineurs, ainsi que les bénévoles et les stagiaires. Le contrôle ne se limite pas aux titulaires d’un contrat de travail ; il suit la réalité de la participation, y compris pour des missions ponctuelles : intervenant d’activité, chauffeur accompagnateur, agent de cuisine présent sur site.

Conséquence : aucune personne intervenant dans l’accueil ne doit démarrer sans vérification d’honorabilité. Principe continu, de la préparation à la clôture, sur tous vos sites. Il impose une remontée d’identité civile fiable et la mise à jour rapide des plannings à chaque changement d’équipe.

Ce que l’administration vérifie et comment elle le vérifie

La déclaration des intervenants comme point de départ

La vérification commence par votre déclaration des intervenants dans la téléprocédure d’accueil de mineurs, avec état civil exact : nom de naissance, prénoms, date et commune de naissance. D’abord dans la déclaration préalable, puis complétée dans la fiche complémentaire avant l’ouverture. Sur cette base, les services de l’État lancent le rapprochement avec les sources officielles.

L’exactitude de l’état civil conditionne le résultat : un intervenant mal identifié n’est pas contrôlé. Demandez le nom de naissance, vérifiez l’orthographe des prénoms et la commune de naissance tels qu’indiqués sur la pièce d’identité. Pour sécuriser cette phase, voyez le guide collecter l’état civil exact de vos animateurs, qui détaille les points de vigilance.

Élément déclaréRéférence utilePoint de vigilance
Nom de naissancePièce d’identitéDifférent du nom marital, vérifier l’orthographe
PrénomsActe d’état civilRespecter l’ordre complet, sans inversion
Date de naissancePièce d’identitéJour et mois inversés selon formats, attention
Commune de naissancePièce d’identitéNom officiel de la commune, pas le lieu-dit
NationalitéPièce justificativeCas des naturalisations ou doubles nationalités

Bulletin numéro 2 du casier judiciaire et fichier judiciaire automatisé

Une fois l’état civil renseigné, l’administration procède au rapprochement avec le bulletin numéro 2 du casier judiciaire et le fichier judiciaire national automatisé des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes. Ces dispositifs, prévus par les articles 706-53-1 et suivants du code de procédure pénale, identifient les incapacités d’exercer. Vous ne collectez pas ces informations et n’y accédez pas : l’État les traite à partir de vos déclarations.

Le retour prend un délai et peut tomber après vos premiers plannings de préparation. Anticipez : obtenez l’état civil complet dès la constitution des équipes et ne confondez pas démarrage administratif et démarrage effectif. Pour une vue d’ensemble du calendrier, voyez la checklist des huit jours avant l’ouverture. Pour le texte intégral, référez-vous à le code de l’action sociale et des familles sur Legifrance.

Ce que le texte n’impose pas, contrairement à une idée répandue

Vous n’avez pas accès au bulletin numéro 2 de vos animateurs

Le bulletin numéro 2 est réservé à l’autorité publique compétente. En tant qu’organisateur, vous ne pouvez pas le demander à l’intéressé et n’y avez pas accès. Certains demandent un bulletin numéro 3 pour leur gestion interne : choix d’organisation qui ne remplace pas la vérification officielle opérée par l’État.

Le contenu du bulletin numéro 3 n’est ni identique ni aussi large que le bulletin numéro 2 ; vous ne pouvez pas en déduire l’absence d’incapacité légale. S’il est demandé, réservez-le à la gestion interne des risques, sans confusion avec l’obligation réglementaire.

Une attestation sur l’honneur ne vaut pas vérification

Une attestation sur l’honneur signée par l’intervenant n’a aucune valeur de contrôle d’honorabilité. Engagement moral seulement : elle ne vaut pas rapprochement avec le bulletin numéro 2 et le fichier judiciaire automatisé. S’y fier donne un faux sentiment de conformité et retarde les relances pour obtenir l’état civil exact et compléter votre téléprocédure. De même, un échange de messages où la personne assure n’avoir jamais été condamnée n’a pas de portée réglementaire. L’unique circuit reconnu est celui de la déclaration des intervenants et de la vérification réalisée par l’administration à partir de ces données.

Un contrôle passé ne dispense pas de déclarer la session suivante

Le contrôle d’honorabilité est lié à la session déclarée et à la période couverte par la fiche complémentaire. Une vérification réalisée l’an dernier ne couvre pas la session en cours. Vous devez redéclarer les intervenants à chaque session, même s’ils ont déjà travaillé chez vous.

À défaut, vous risquez de démarrer avec des personnes non vérifiées pour cette session, ou de laisser des changements d’état civil non pris en compte. Pour une revue des points qui font obstacle à l’ouverture, relisez les erreurs de dossier qui bloquent l’ouverture d’un accueil.

Ce qui se passe quand une incapacité est relevée

L’intervention du représentant de l’État dans le département

Lorsqu’une incapacité d’exercer auprès de mineurs est identifiée, l’information remonte aux services de l’État, sous l’autorité du représentant de l’État dans le département. L’organisateur est informé et des mesures peuvent être prises, selon la situation, allant de l’interdiction d’exercer pour la personne concernée jusqu’à l’interruption de l’accueil si la sécurité des mineurs l’exige et si la continuité ne peut pas être garantie dans les règles.

Il faut pouvoir basculer immédiatement sans l’intervenant concerné : tenir une vision actualisée des équipes, prévoir des remplaçants éligibles et justifier vos choix au regard des taux d’encadrement et de la composition d’équipe.

Le retrait immédiat de la personne des plannings

Dès l’instant où l’incapacité est connue, le retrait de la personne de tous les plannings devient prioritaire. Déprogrammez tous les créneaux, sites et jours concernés, puis démontrez que les taux d’encadrement sont à nouveau respectés et que l’équilibre des qualifications reste conforme. L’opération doit se faire en quelques minutes.

Documentez la décision, horodatez les remplacements et gardez la trace de la nouvelle répartition. En cas de contrôle ou d’incident, cette traçabilité montre que vous avez pris la mesure immédiate qui s’imposait et sécurisé l’accueil sans délai.

L’honorabilité ne dispense pas des règles de qualification

La composition de l’équipe d’animation

Une équipe peut être irréprochable sur l’honorabilité et rester non conforme sur les qualifications. Le CASF encadre la règle cinquante trente vingt : au moins la moitié de titulaires du BAFA ou d’un titre admis en équivalence, une part de stagiaires limitée, et une part de personnes non qualifiées limitée au maximum. Selon l’âge des enfants et le cadre périscolaire ou extrascolaire, les taux d’encadrement varient, avec des assouplissements possibles en périscolaire lorsqu’un projet éducatif territorial est déclaré.

Vérifiez à chaque créneau : d’une part, toutes les personnes en poste sont bien contrôlées côté honorabilité ; d’autre part, la composition respecte les pourcentages de titulaires, stagiaires et non qualifiés, et les taux d’encadrement applicables à la tranche d’âge. L’un ne compense pas l’autre.

Titulaires, animateurs stagiaires et personnes sans qualification

Pour l’animation, comptez vos titulaires BAFA et équivalents, vos animateurs stagiaires et les intervenants sans qualification au sens des textes. Les postes de direction doivent être pourvus par un titulaire BAFD ou équivalent. Pour des activités spécifiques, des brevets sont requis, par exemple le brevet de surveillant de baignade ou le PSC1 selon les cas. Les règles s’appliquent creneau par créneau, pas en moyenne sur la journée.

Si un retrait pour incapacité d’exercer intervient, vérifiez en cascade l’équilibre qualifications par qualifications, tranche d’âge par tranche d’âge. Anticiper des remplaçants éligibles évite l’impasse de dernière minute. Objectif : une équipe honorable et qualifiée, en nombre suffisant pour respecter les taux.

La preuve que l’organisateur doit pouvoir produire

Le contrôle se gagne par la preuve : un ensemble de documents et d’horodatages retraçant ce que vous avez déclaré, qui a travaillé et comment vous avez réagi aux aléas. Ces éléments doivent être consultables rapidement, par accueil et au niveau de l’organisateur.

  • La liste des intervenants déclarés par session, avec les dates de déclaration initiale et de fiche complémentaire, et l’état civil tel que transmis.
  • Les pièces justificatives de qualifications : BAFA, BAFD, équivalences, attestations de stage, brevets spécifiques et dates de validité.
  • Les plannings réalisés, creneau par creneau, avec l’affectation des intervenants et les heures de présence effectives.
  • La traçabilité des remplacements : motif, date et heure de retrait, personne substituée, justification des taux et de la règle cinquante trente vingt après bascule.
  • Le projet pédagogique, les protocoles applicables et, lorsque pertinent, le projet éducatif territorial qui fonde les assouplissements en périscolaire.

Ces pièces se constituent au fil de l’eau, au rythme des relances de pièces et des ajustements de planning. Pour caler vos jalons, utilisez la checklist des huit jours avant l’ouverture et, pour l’année complète, le calendrier de déclaration d’un organisateur multi accueils. En cas d’accident, c’est ce dossier qui part en premier, avec les relevés horodatés, pas une synthèse rétrospective.

En synthèse

L’honorabilité en accueil collectif de mineurs repose sur une incapacité d’exercer, définie par la loi et vérifiée par l’État à partir de votre téléprocédure. Votre rôle est double : déclarer des identités exactes pour permettre le rapprochement avec le bulletin numéro 2 et le fichier judiciaire automatisé, et tenir vos plannings pour que personne non vérifiée ne soit en poste. Cette exigence s’ajoute aux règles de qualifications et de taux d’encadrement.

Dans la pratique, tout se joue sur la collecte fiable de l’état civil, l’anticipation des remplaçants et l’horodatage des décisions. Si vous souhaitez outiller ces points, voyez le contrôle des intervenants dans Encadro, qui associe dossiers bloquants, suivi de l’honorabilité et publication sous conditions, afin que vos accueils démarrent avec des équipes à la fois honorables et conformes.

on part de votre liste d’intervenants

Vous voulez voir ce que donnerait votre prochaine session dans Encadro ? La démonstration se fait sur vos propres accueils et vos propres échéances : nous reprenons votre liste d’équipe, nous regardons ce qui manque aujourd’hui pour déclarer, et vous repartez avec la liste exacte des pièces à réclamer.

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